III)L'impact sur le cerveau
La mémoire olfactive
Quand nous rencontrons une nouvelle odeur, les neurones du système olfactif envoient une information dans la région du cerveau appelé cortex olfactif en y laissant une empreinte : ces données sont stockées au fur et à mesure afin de créer une librairie d'odeurs (culture olfactive). Pour créer cette culture olfactive, nous associons la plupart du temps chaque odeur à un mot comme tout simplement son nom (nom de fleurs, nom d'épices, etc...).
Grâce aux IRMf, on a constaté que lors de la perception des odeurs chez des individus, certaines zones du système limbique sont stimulées (voir image ci-dessous). Le système limbique (appelé cerveau émotionnel) est à l'origine des émotions : lorsque nous pensons, percevons, ressentons, il évalue l'effet produit : positif, négatif ou neutre. Cette évaluation est faite très rapidement (moins de 10 centièmes de seconde) et a lieu inconsciemment. La mémoire des odeurs est donc étroitement liées à nos émotions et nous faisons donc souvent appel à nos souvenirs et à nos émotions lorsque nous percevons une odeur.


Les tâches qui apparaissent en jaunes sont les zones auxquelles l'individu fait appel lors de la perception de certaines odeurs. On retrouve bien certaines tâches jaunes au centre des coupes axiales du cerveau correspondant au système lymbique.
Remarque : Les autres sens peuvent parfois nous déstabiliser en nous induisant en erreur et nous avons alors des difficultés à déterminer une odeur : par exemple nous aurons plus de problèmes à identifier l’arôme de la chlorophylle si elle a une couleur jaune ou bien l'arôme de la vanille si on nous montre l'image d'une rose.
L'amorce olfactive
Des chercheurs INRA on montré que notre comportement peut être influencé par des odeurs auxquelles nous ne prêtons pas attention. Leur expérience a été basée sur le choix alimentaire.
Voila en quoi consiste leur expérience : une centaines d'individus sont appelés à se rejoindre au laboratoire
sous un faux prétexte, certains sont ensuite exposés à une odeur de melon et d'autres à une odeur de poire. Et cela pendant 15 minutes. Le parfum est si subtil qu'ils ne le perçoivent pas consciemment : cela est appelé un stimulus. Puis il leur est demandé de choisir, parmi plusieurs entrées, plats et desserts, ce qu'ils voudraient manger.
Résultats :
- Les individus du groupe exposé à l'odeur de melon (servi généralement comme entrée en France) ont donc fait leur choix sur des entrées à base de légumes comme une salade d'asperges et ont évité les entrées trop riches comme une terrine de foie.
- Les individus du groupe exposé à l'odeur de poire ont préféré choisir des desserts à base de fruit comme une salade de fruits plutôt que des desserts à haute densité énergétique comme une part de brownie. 
Ces troubles de l’odorat sont appelés Dysosmies.
On retrouve deux catégories : les quantitatives et les qualitatives.
- L’anosmie, la perte totale de l'odorat. C’est le trouble le plus fréquent, il peut être temporaire ou permanent.
- La phantosmie ou hallucination olfactive, est la perception erronée d'une odeur : il n'y a aucune molécule odorante dans l'environnement mais le patient en perçoit une. La phantosmie témoigne le plus souvent soit d'une tumeur cérébrale développée sur le système olfactif, soit d'une maladie psychiatrique comme la schizophrénie (déséquilibre du système chimique du cerveau).